Cosmo Bronco est un improbable oxymore. À l’image de toute cette aventure.
Cosmo veut dire ordre de l’univers en grec ancien et Bronco est un mot espagnol désignant un cheval sauvage ou retourné à l’état sauvage.
Cela suppose que, pour trouver un certain équilibre commun, il est parfois nécessaire de se révolter.
Il y aura donc sur une piste circulaire, des corps humains et non humains qui se croisent, s’évitent, s’accordent sans jamais se maîtriser tout à fait.
Porté par une musique vibrante, organique et électrique, le mouvement se construit entre pulsation et silence, comme une tentative d’accorder des mondes différents.
L’équipe, composée d’artistes aux trajectoires et cultures multiples, fait de la rencontre un moteur de jeu : langages, rythmes et présences se mêlent, se frottent, se transforment.
Ici, la gravité devient une partenaire instable, et chaque geste est une négociation.
Le spectacle se déploie comme une forme de cérémonie contemporaine, un temps suspendu où artistes humains, non humains et public partagent un même espace, une même attention.
La piste devient un lieu commun, traversé par des forces visibles et invisibles, où chacun est invité à éprouver plutôt qu’à observer.
Cosmo Bronco esquisse ainsi une cosmo-politique sensible : un monde sans centre unique, où les relations priment sur les rapports hiérarchiques interespèces.
Les trajectoires se dessinent puis se défont, les équilibres se cherchent à plusieurs.
C’est un cirque où la maîtrise jaillit de l’écoute et de l’ajustement.
Un lieu où la chute fait partie du chemin, et où la relation devient le véritable geste acrobatique.
La Fauve
Créer l’outil compagnie est pour moi l’occasion d’interroger la notion de cheminement, de processus et affirmer une esthétique. Pour cela La Fauve articule son travail entre laboratoire de recherche au long cours et la création-diffusion de ses spectacles.
Si La Fauve est résolument une compagnie de cirque, j’aime aussi croiser les disciplines au grés des rencontres en faisant la part belle aux corps et aux sons.
J’envisage une écriture par sédimentation, quasi artisanale puisant ses ressorts dramaturgiques dans un engagement corporel puissant ainsi que dans le rapport à l’altérité amené par la présence des chevaux au plateau.
Cette présence animal invite à une écriture de l’instant, faisant de l’imprévu le terreau de nos créations.
Le rapport spectateur-acteur qu’induit le corps dans l’espace ainsi que l’accessibilité des oeuvres sont d’autres questionnements fort dans la compagnie. Pour ce faire La Fauve aime s’inscrire dans des temps longs de présence sur un même territoire favorisant ainsi la rencontre avec le public. La Fauve invite le public au plus près de l’espace de jeu, gommant la frontière regardant-regardé, inventant de nouveaux rythmes.
Le « spectacle » fait alors place à l’expérience partagée.
Arthur Sidoroff
La Friche Gournay – lieu de Fabrique est un projet porté par la Faïencerie-Théâtre grâce à un partenariat fort avec l’Agglomération Creil Sud Oise.
Pour en savoir plus sur le projet de la Friche Gournay – lieu de fabrique et connaître les autres rendez-vous, cliquez ici.